❤ L’ACTU # 7 : L’exode urbain !

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❤ L’ACTU # 7 : L’exode urbain !

 

Un nouvel exode :  Bertrand Gaussens , Président de Ko.laps vivre les communs nous parle de l’exode urbain !

Un phénomène largement observé en début du confinement

Le Covid-19 a changé toutes nos habitudes, nos manières de fonctionner et a permis de se questionner sur la provenance de notre alimentation, sur la proximité d’approvisionnement.

Lors de l’annonce du confinement en Mars 2020, bon nombre de citadins se sont empressés de trouver refuge à la campagne. On peut donner plusieurs raisons à cela, premièrement, il est toujours plus agréable d’être enfermé dans une maison de campagne ayant un petit jardin et de quoi sortir, que de rester dans un appartement d’une grande ville. Mais la seconde raison est alimentaire.

En effet, une des grandes peurs à l’annonce du confinement et de la fermeture de nombreux commerces, a été le manque de nourriture. En ville les seuls points d’approvisionnement en alimentation sont les supermarchés,  si ces derniers ne sont plus approvisionnés, il n’y a plus de nourriture. Or à la campagne, il est plus simple de trouver quelque chose à manger, pour la bonne et simple raison que les personnes peuvent cultiver en toute autonomie, une partie de leur nourriture, et même si ce n’est pas le cas, nous sommes beaucoup plus près des producteurs.

Mais le problème d’approvisionnement des villes en nourriture n’est pas seulement dû au Covid-19, c’est un problème qui ne cesse d’augmenter,  cette crise a juste permis de s’en rendre compte plus rapidement.

La question est :

Combien de temps les chaînes d’approvisionnement vont pouvoir durer ?

A Lyon, seul 5% de l’alimentation provient de moins de 50 km de la ville. Ainsi, si les supermarchés sont amenés à fermer faute d’approvisionnement, il faut s’attendre à diviser la consommation de ses repas à hauteur de 95%. Nul n’est préparé à ce genre d’événement, il faut repenser la façon de s’approvisionner avant de connaître une situation de ce tte importance.

Face au problème, deux solutions s’offre à nous. Entreprendre un retour à la campagne pour une partie de la population, de façon à ce que la demande en nourriture des villes soit moins forte. Puis réussir à s’organiser au sein des villes entre voisins et amis, pour planter, cultiver et s’assurer d’avoir de la nourriture.

Mais au fond qu’est ce que l’exode urbain ?

Tout le monde connaît l’exode rural, qui est une notion largement étudiée à l’école. L’exode rural est le fait de quitter les campagnes pour s’installer en ville. L’exode urbain se trouve être exactement l’inverse, les personnes quittent les villes pour s’installer à la campagne.

L’exode rural est le fait de voir la ville comme le lieu de toute les opportunités, où le travail est moins dur qu’à la campagne. De plus, l’industrialisation a engendré la baisse du besoin de main d’œuvre dans les campagnes. Un tracteur peut remplacer un grand nombre d’hommes. A ce moment là, l’énergie principale, le pétrole était entièrement à disposition des activités humaines. Or depuis 2008, la production mondiale de pétrole décroît. Aucun autre élément n’a encore été trouvé pour remplacer cette énergie fossile,  le risque est le besoin, à nouveau d’une main d’œuvre plus conséquente dans les campagnes.

Tout cela entraîne une augmentation de la précarisation dans les villes,  beaucoup de personnes envisagent de se tourner vers un avenir partager entre la ville et la campagne, ou uniquement à la campagne. « Être au plus près de la terre, c’est la meilleure garantie de suivre sa production et sa consommation alimentaire ».

A l’heure actuelle la situation est très compliquée

Après le premier tour des élections municipales, le nouveau conseil n’est pas encore élu, ou pas encore en fonction ; il doit gérer la question de l’alimentation, mais n’est pas forcement équipé. L’ancien conseil municipal se focalise sur le covid-19. L’alimentation tombe donc un peu dans l’oubli et expose la population à un risque de pénurie, de rationnement voire de famine.

Des associations se sont mises en place afin de venir en aide aux maires ruraux pour faire face au retour à la campagne. Ainsi, « SOS Maires » a vu le jour dans l’objectif d’inciter et d’aider les maires et conseillers des communes rurales, ainsi que tous les acteurs de la société civile, à anticiper les crises qui se profilent à court et moyen terme. D’autres associations sont aussi là pour encourager ce changement tel que « Entraide Humanum », qui créé un réseau d’entraide entre ruraux et citadins, ou « Etika Mondo » qui propose, des stages pour apprendre des techniques de permaculture pour créer son potager écologique, ou encore des chantiers écologiques massifs où chacun vient pour planter des arbres, et plein de plantes.

Toutes ces associations tentent d’apporter leur contribution à un avenir durable tourné vers la campagne.

Qu’est-ce qui pourrait nous empêcher de retourner à la campagne ?

Les habitants des villes ont conscience du risque de pénurie, en cas de non approvisionnement en nourriture. Malgré tout le lien fort entre les personnes en ville et tous les avantages que présentes celles-ci, font que les citadins ont du mal à sauter le pas et à retourner vivre à la campagne. Chacun préfère que cela soit « l’autre » qui retourne vivre à la campagne pour rester dans sa zone de confort.

Est-il possible d’adapter les villes ?

Il est difficilement pensable de pouvoir adapter les villes, car elles sont constitutives de l’ensemble des problèmes rencontrés à ce jour.

L’exemple réussi de Detroit, aux États-Unis, au moment de la crise, 60% de la population riche a quitté la région. Seule la population la plus pauvre est restée et a donné un nouveau visage à la ville. Cette solution d’aménager les villes est nécessaire, mais n’est pas suffisante, si toute la population citadine reste en ville.

L’exode urbain est donc un problème d’actualité sur lequel il faut se pencher pour ne pas subir un changement radical un jour ou l’autre.

Louise Oremus pour CCC Média

 

 

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