Graille – cuisine de rue, entre-aide, et bonne humeur !

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 Graille – cuisine de rue, entre-aide, et bonne humeur !

 

CCC Média présente Graille, la nouvelle venue du monde associatif lyonnais. Graille Lyon a été créée l’été dernier  par Allan  Ballester dans le but d’aider les sans-abris (et toute personne en situation de précarité au demeurant) à se nourrir. Une belle démonstration que l’esprit associatif et la volonté d’aider son prochain ne se sont, eux, pas confinés en 2020.

Préparer des repas et les redistribuer

Au cœur du combat des membres de Graille, une envie de permettre à tout le monde de se sustenter convenablement. Car la malnutrition et la sous-nutrition sont loin d’être les problèmes des autres dont nous devrions nous désolidariser. Au contraire, chez Graille, on ne peut fermer les yeux face à la misère qui nous entoure. D’autant plus lorsque nous sommes conscients, des inégalités de distribution dans le milieu alimentaire.

Dans une optique de zéro-déchet, Graille récupèrent les invendus de restaurants destinés à la poubelle pour les redistribuer dans la rue. Ils se fournissent également, grâce à Agriz, en fruits et légumes bios, locaux, et de saison qui ne seraient pas consommés car jugés trop difformes.

Ils s’organisent avec des structures pour redistribuer des produits ; l’idée étant tout de même de pouvoir offrir de la nourriture de bonne qualité à ceux qu’ils aident. Ils cherchent de plus à mettre en avant, la production locale et saisonnière plutôt que de s’associer avec des grands conglomérats. Ils s’associent avec des chefs cuisiniers pour mettre en place leurs recettes.

Crédit photos : CCC Média

De la même manière, Graille fait le choix de promouvoir une nourriture végétale, suivant le même ordre d’idée de ne pas supporter ceux qui détruisent notre planète pour leur profit. Il ne semble y avoir que du positif résultant des actions de Graille, car chaque élément de la chaîne est pensé pour être le plus équitable possible.

Les volontaires s’approvisionnent donc par différents moyens pour après se retrouver tous ensembles et cuisiner dans la joie et la bonne humeur de bons de petits plats, équilibrés et végétariens, qu’ils feront par la suite partager aux sans-abris de leur quartier.

C’est ainsi que l’équipe de CCC les a retrouvés un dimanche, du côté de Confluence, alors en pleine cuisine, nichés entre une voie de tram et la rocade. Ils ont préparé une nourriture, faite avec les moyens du bord peut-être, mais donnant à goûter à de douces saveurs de débrouille, de convivialité et de partage, saupoudrées d’une touche d’antisystème un brin révolté,  qui réchauffe le cœur du capitaliste le plus endurci.

 

Inclusivité, anti-gaspi, zéro-déchet

Les activités et motivations de Graille ne se concentrent pas seulement sur la préparation de plats destinés aux personnes précaires (bien que ce soit leur activité principale). Leur politique d’action s’articule autour de trois points bien définis et interconnectés :

–          L’inclusivité :  les bénévoles mettent un point d’honneur à n’exclure personne. Ainsi, toute personne dans le besoin bénéficie de leur aide. Cela va de même parmi les bénévoles : tout le monde est accueilli pour aider, chacun à sa manière, en fonction de ses capacités et de son temps – une aide est toujours bienvenue !

–          L’anti-gaspi : à Graille, l’objectif est d’« attaquer de front le tiers de la production mondiale de nourriture qui est jeté ». Évidemment, Graille débute, ils ne peuvent pas s’attaquer à la production du monde entier : ils se concentrent sur Lyon pour l’instant et c’est déjà bien !

–          Le zéro-déchet : tant dans la chaîne de production de nourriture que de débarras, les membres de Graille tentent de créer le moins de déchets. Ainsi, la nourriture est récupérée sans emballage, les ustensiles utilisés pour la cuisine sont de seconde main (il est par exemple possible de soutenir l’association en leur donnant des bocaux qu’ils pourront ensuite ré-utiliser), du compost est créé à partir de leurs déchets, etc… Tant de solutions sont mises en place dans ce projet, ce qui montre bien l’enthousiasme des volontaires et leur combat contre un défaitisme, si souvent néfaste.

Allan nous parle de futurs projets : il aimerait pouvoir investir des locaux vides pour créer des restaurants et pourquoi pas de nouveaux lieux de vie pour les personnes qu’il aide…

On le comprendra, Allan est à très juste titre révolté des inégalités de distribution dans la société : cela passe par la nourriture déjà, car l’on comprend que la nourriture produite est suffisante pour nourrir tout le monde ; elle est juste mal distribuée. Cela passe aussi et surtout dans l’environnement urbain : Construire toujours plus, favoriser l’émergence d’une certaine classe sans se soucier de la misère dans l’enceinte même de nos murs…

On a déjà tout pour régler les problèmes : la nourriture et les infrastructures – il serait temps à présent de cesser de gâcher et de jeter ce que l’ont peut encore utiliser !

De nombreux accomplissements déjà, quel futur ?  

Graille a commencé son aventure de manière très humble, du côté de la Part-Dieu, en utilisant les réchauds même des sans-abris. A l’époque, une trentaine de repas étaient préparés, à présent, l’envergure de Graille leur permet de cuisiner quelques deux-cents repas par session. Ils collaborent avec des festivaliers, des cuisiniers, qui les aident à cuisiner de plus grandes quantités. Ils organisent également la récupération de leurs déchets pour créer du compost…

Allan nous précise qu’il veut que Graille continue d’être un restaurant de rue : il veut cuisiner dans la rue pour rester le plus inclusif possible et être au plus proche des bénéficiaires. Il n’exclut pas l’idée de créer un restaurant, totalement végétarien, zéro-déchet.

Comme dit précédemment, les nouveaux bénévoles sont accueillis à bras ouverts chez Graille, donc n’hésitez pas à venir aider, si l’envie vous prend. Comme nous le suggèrent certains volontaires, participer à la cuisine de rue avec Graille est une bonne manière d’occuper et d’égayer des dimanches d’habitude assez moroses.

Les bénévoles de Graille ont déjà accompli beaucoup en seulement quelques mois. C’est aujourd’hui des milliers de repas qui ont été distribués, et ce n’est pas près de s’arrêter. On espère que le mouvement prendra encore plus d’ampleur et que plus de personnes viendront aider. On a été heureusement surpris de voir des personnes de tous horizons et de tout âge cuisiner ensemble, une vision qui réchauffe honnêtement le cœur, en cette période de pandémie. Les bénévoles de Graille ont choisi de continuer le combat, rappelant que malgré la crise sanitaire actuelle, la misère ne s’est pas arrêtée, et que continuer le combat (qu’importe la cause choisie) est toujours nécessaire.

Noémie Keller  pour CCC Média