CHANT-ENTIER : le Théâtre Détours et les Preneurs de Parole

Couleur Café Citoyen

présente

Théâtre Détours

et les Preneurs de Parole

C H A N T E N T I E R

 

Récit polyphonique pour 25 Preneurs de Parole et 2 musiciens

Création les samedi 23 et dimanche 24 février 2019

à la Maison de la Culture Le Corbusier de Firminy

et

Le Vendredi 5 avril 2019 à 20h30

Théâtre Jean Marais à Saint-Fons (69)

 

Le projet Chant-entier a été mené grâce au soutien du fonds de dotation InPACT Initiative pour le partage culturel

Initiative pour le partage culturel Fonds de dotation

Extraits :

Une femme se tient assise, majestueuse, face à son pupitre et face à un mur aux mille cadres, image morcelée qui prendra vie tout au long du récit, comme une genèse de la prise de parole. Autour d’elle les musiciens. Elle est impressionnante, elle ressemble à cette femme dans une rue de Cuba. Elle commence à nous parler et le voyage démarre, le contrebassiste chante, on entend les rumeurs d’une ville, la femme nous raconte l’errance, cet homme qu’elle a suivi, son entrée dans la piscine. Et les nageurs apparaissent, d’autres pupitres, d’autres voix, le récit prend de l’ampleur, un chant s’élève, c’est cet homme qui monte sur le plongeoir marche après marche. La musique avance, se déploie.

Silence

Splaaaaaaaaatch

il plonge.

Nous sommes maintenant sous l’eau, journal d‘expédition fantastique et ce poisson blanc qui remonte à la sur face, bruit de chantier, journal de bord des manœuvres le chantier avance, l’architecte pense, du haut de sa grue la grutière regarde la ville, allume la radio, 1…2…3 la guitare reprend.

Epoustouflants de force, les Preneurs de parole donnent à entendre un poème musical surprenant, tissé de leurs voix, chants, images, enregistrements, textes d’auteurs et textes écrits.

CHANT-ENTIER

CONCERT PAS ORDINAIRE

Récit polyphonique pour 25 Preneurs de parole et 2 musiciens

CRÉATION 2018/2019

Tout public Durée : environ 2 heures

DATES

Samedi 23 février 2019 à 20h30 Dimanche 24 février 2019 à 19h

à la Maison de la Culture de Firminy (42)

Vendredi 5 avril 2019 à 20h30

Théâtre Jean Marais à Saint-Fons (69)

ÉQUIPE ARTISTIQUE

Catherine Perrocheau (direction artistique), Thierry Derrien (contrebasse, chant), Baptiste Tanne (guitare, chant), Samaël Steiner (écriture, lumières), Marie Pierre Morel-Lab (iconographie, scénographie), Mathieu Plantevin (sonorisation)

PRENEURS DE PAROLE

Sandrine Mazouni, Abdel Chettir, Justine Devun, Marie Claude Guillaumond, Brigitte Jourdain, Daniel Mosa, Pauline Soutrenon, Julie Vocanson, Farida Sida, Houdda Sid, Chantal Monrose, Moufida Homer, Lydia et Hélène Shillinford, Adam Chalabi, Yayoub Chalabi, Nedal El Attar, Amélia Khichane, Ahmed Benzina, Sarah Doré, Françoise Durand, Danièle Bourgeat, Juana Celdran, Didier Guaini

Cette création partagée est réalisée en partenariat et avec le soutien de la Ville de Firminy, la Maison de la Culture, La DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Fondation SNCF, La Ville de Saint Fons, le Théâtre Jean Marais (Saint-Fons), le Centre Social de Saint-Fons, l’Espace Créateur de Solidarité (Saint-Fons), Saint Etienne Métropole. Le projet Chant-entier a été mené grâce au soutien du fonds de dotation InPACT Initiative pour le partage culturel.

Je voudrais te raconter où est l’océan dans la ville L’océan c’est l’eau ; l’océan ce sont les mots ;

un déluge de mots, une déferlante.

Les digues ont rompu, un flot ininterrompu de mots inonde les berges, inonde les rues, remplit les places.

Mes mots tes mots ceux des autres….

Des mots de tous les jours simples gouttes

(pain, main, pluie, donne, tiens)

des mots somptueux comme des lacs de montagne (beauté, majesté, volupté, souvenir, nostalgie)

des mots savants, des mots doux, des jeux de mots (comme des jets d’eau)

des gros mots en éclaboussure ou en dégueuli (sale blanc, fasciste, pauvre con, sale arabe, débile, casse toi, fou le camp)

Ils coulent, ils roulent et crachent les mots dans la bouche Ils coulent comme de l’eau de source ; ils roulent comme les cailloux de la rivière ; ils crachent comme les cratères d’un volcan

Françoise Durand, Preneuse de parole, Saint-Fons

Q U E LQ U E Q U E S T I O N S  S U R  L E  T R AVA I AU P R È S D’A MAT E U R D E  C AT H E R I N E  PE R RO C H E AU

Comment as-tu commencé à travailler avec des amateurs ?

La formation auprès d’amateurs a toujours été présente dans mon travail. D’abord, par la formation corporelle car je trouvais que dans les pratiques amateurs théâtrales, on ne laissait pas assez de place à ces pratiques qui pourtant font partie depuis toujours de la formation professionnelle puis, au fil des années , nous avons eu envie de partager ce travail de relation texte et musique, notre singularité, (la compagnie est co-fondée avec un musicien). Cette mise en relation du texte et de la musique était très peu (voire pas en 1998) présentée au public amateur.

Avec le travail au micro et la présence des musiciens, nous parlions a l’époque d’atelier de narrateurs musicaux qui souvent se faisaient autour de la programmation de nos spectacles. Puis, peu à peu, on a commencé à développer un pôle formation texte/musique à part entière et c’est devenu notre marque pédagogique.

Est-ce une démarche artistique ?

Notre démarche artistique première a été de mettre en relation le texte et la musique. Ce rapport au texte est très différent du travail d’interprétation « classique », ce n’est d’ailleurs pas de l’interprétation, c’est pour cela qu’on parlait plutôt de narrateurs sans que cela ne nous convienne vraiment non plus. J’ai donc longtemps cherché qui pouvait au mieux porter ce travail de texte amplifié en relation étroite avec la musique, entre l’acteur, le musicien, le danseur. Puis, il y a eu une étape très importante dans notre parcours artistique : la découverte de la poésie de Raymond Carver. Avec elle, nous avons commencé des ateliers poésie/micro/musique et on a rapidement senti que c’était ce qui nous ressemblait le plus. Avec notre création Citronnade, on a continué à intervenir auprès de groupes amateurs et professionnels.

C’était pour moi une évidence que les présences, les tessitures de voix, l’authenticité que je cherchais étaient celles qui se donnaient avec des publics non formés au théâtre et au travail interprétatif.

Avec ces textes, les personnes qui venaient au micro se trouvaient très impliquées, très touchées par ce mélange de musique et de mots qui raconte si bien l’humain. Cela a bouleversé des personnes, au bon sens du terme, et nous avec. Car, d’un coup, les timbres, les silences, le regard, la manière de se tenir comme un arbre sur scène et de prendre la parole, de la part d’une personne non professionnelle, saisissait tout le monde. Il y avait une invitation à l’écoute très forte. C’est ainsi qu’on a commencé à proposer, avec Samaël Steiner, des ateliers d’écriture et que sont apparus les « Preneurs de parole ».

Quelle est ta vision de l’action culturelle aujourd’hui ?

L’action culturelle défend encore trop souvent le quantitatif, on est encore (et cela se comprend, au moment les budgets se réduisent) à entendre : il faut qu’il y ait le maximum de personnes, dans le maximum d’endroits, et que vous fassiez un maxi-spectacle, pour dans deux mois, jour de tel festival ou tel programmation.

Il ne faut pas que ces grands projets « coups d’éclat » disparaissent, mais c’est très important d’entendre que ce qui se passe dans la durée a un tout autre impact : humain, artistique et aussi sociétal.

On ne change pas grand chose avec une création impliquant 100 personnes sur deux mois : on offre de supers moments, c’est précieux et peut-être que sur ces 100 personnes, une d’entre elles aura un élan qui changera sa vie vers le mieux.

Mais je préfère travailler dans la durée avec 10 personnes et voir chacune de ces dix personnes modifier son rapport aux mots, à la musique, au faire ensemble, au monde, à la relation, à l’écoute. Et surtout, j’aime être modifiée moi aussi par eux, par leurs voix, leurs présences, leurs histoires de vie(s). Pour moi, cela a bien plus de sens. Et alors, à ce moment là, l’action culturelle prend une portée politique qui me plait car tout ne finit pas quand le « projet » se termine et que l’artiste rentre chez lui. Chacun peut jouer les prolongations car il y a eu du temps d’enracinement, d’appropriation. La maison qu’on a construite ensemble reste : c’est ce qui se passe avec les Preneurs de parole de Saint-Fons et c’est j’ai envie d’être, c’est pour moi le sel de l’action culturelle.

C’est le groupe de Preneurs de parole de Saint Fons qui m’a appris à « dérouler le temps » mais c’est compliqué de faire exister la durée, économiquement parlant.

MA TRIBU

La terre est la même

le ciel est autre.

Le ciel est le même

la terre est autre.

De lac en lac

de bois en bois : quelle est ma tribu ?

je me demande – quel est mon lieu ?

J’appartiens peut-être à la tribu de ceux qui n’ont pas de tribu ; à la tribu des moutons noirs ;

ou bien encore à une tribu dont les ancêtres viennent du futur : une tribu encore à venir.

Mais si je dois appartenir à une tribu – me dis-je

que cette tribu ait une grandeur, qu’au moins ce soit une tribu forte, dans laquelle rien ni personne

ne soit placé au ban de la tribu, dans laquelle tous les êtres

et toutes les choses occupent un lieu sacré.

Je ne parle pas d’une tribu humaine. Je ne parle pas d’une tribu planétaire.

Je ne parle même pas d’une tribu universelle. Je parle d’une tribu dont on ne peut pas parler. Une tribu qui a toujours existé

mais dont l’existence est encore à attester.

Une tribu qui n’a jamais existé mais dont nous pouvons attester à cet instant même l’existence.

Alberto Blanco

L E  T H É ÂT R E  D É TO U R E L E S  P R E N E U R D E  

PA RO L E,  U N AV E N T U R AU  LO N G  CO U R S

La première pierre de ce chantier fut le poème d’Alberto Blanco , Mi tribu, le désir de collectif, d’aventure commune à travers la poésie et la musique, de défendre la beauté de la diversité des voix, des vies, de prendre part à ce grand thème du vivre ensemble que nous avons préféré nommer : « Côtes à Côtes, ensemble et séparés » tellement cela nous semblait mieux correspondre à une réalité que nous vivions tous.

Chant-Entier s’est construit à partir et avec les personnes présentes, des preneurs de parole, engagés dans un travail de récitant et d’écriture, avec leur sensibilité, la place qu’ils occupent dans le monde. Tout s’est construit d’abord à partir d’eux et de ce qui les occupait. Plus tard, inspirés de leurs histoires sont venus s’ajouter d’autres textes puisés chez deux autres poètes : Samaël Steiner qui a écrit pour ce récit et Thierry Metz, mort en 1997, à qui nous avons emprunté son « journal d’un manœuvre » comme source d’inspiration pour cet autre regard porté sur le thème de chantier. Thème qui s’est imposé au fil des ateliers avec sa question : qui nous écoute quand on n’a que des outils et pas de mots ?

Chant-Entier s’est construit également autour de la piscine municipale de Firminy comme expérience inédite d’une écriture du corps, des sensations. Ce lieu a été choisi pour son aspect collectif, ouvert à tous, et est devenu aujourd’hui aussi important que les bancs d’école l’on apprend à lire : il existe dans beaucoup de vies une piscine l’on a appris à nager, l’on est venu accompagner ses enfants ou se divertir. Au même titre que chaque ville a son café, son chantier, ses rues, il y a aussi une piscine beaucoup sont passés, quel que soit leurs milieux sociaux, leurs histoires de vie.

La piscine devait être le lieu de représentation de ce récit mais pour causes techniques cela ne peut se faire. Nous reste la trace de cette piscine, un lieu collectif parmi d’autres que nous avons gardé avec nous, d’où le récit démarre pour ensuite, lors d’une fermeture technique, nous pousser dehors.

La rencontre entre tous ces éléments a permis de tresser un récit chacun occupe une place singulière, au plus près de ce qu’il est et de ce qu’il défend. Avec l’apparition de leurs voix, de leurs textes, se sont imposés les lieux d’où ils parlaient et l’ensemble de ces lieux a dessiné une ville :

La piscine, son maitre-nageur, ses employés et ses nageurs Le café, la serveuse, la patronne et les usagers

L’immeuble et la rue devant , ses habitants et la voisine au balcon Le chantier, l’ architecte, les manœuvres

Et à la périphérie de cette ville, se tient la forêt, et dans la forêt, ou à sa lisière, se tient l’exilé(e), celui/ celle qu’on n’autorise pas tout à fait à entrer dans la ville, celui qui côtoie les loups, qui attend sa place, sa reconnaissance d’être humain vivant. Se tiennent aussi ceux qui ont choisi d’aller dans la forêt, qui connaissent le langage des arbres.

Ce récit nous rassemble, nous ressemble, il dit ce qu’est une vie pour ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent plus ou pas encore, il dit comment chacun habite son lieu, son monde et regarde le reste du monde.

T A I L L E R ,  A J O U T E R ,  R E N O U E R ,  R É N O V E R , A P L A N I R , É T E N D R E R E T R E S S E R

L N A T T H U M A I N E  F l o r A u r i m a  D e v a l t i n e

L E C H E M I N  D U  T H É ÂT R E  D É TO U R S

Le Théâtre Détours, fondé en 2002 par Catherine Perrocheau (metteuse en scène) et Thierry Derrien (musicien compositeur), est du désir d’explorer les déplacements qui s’opèrent quand le texte et la musique travaillent ensemble, dans une écoute et une imprégnation mutuelle. Dans ces petites formes que nous appelons les «Narrations musicales», le travail du texte est indissociable du travail musical.

Au fil du temps la compagnie se dirige vers des formes de plus en plus singulières, cherchant les lieux d’incarnation possible de ce travail textuel et sonore et les liens qu’il peut y avoir entre le « voir » et « l’entendre ».

En 2010, l’équipe du Théâtre Détours s’ouvre aux danseurs, inscrivant la compagnie dans une démarche pluridisciplinaire dont l’axe central reste le texte et notamment, durant quatre années, l’œuvre poétique de Raymond Carver. C’est aussi le début d’une résidence au Polaris de Corbas de 3 ans, à la ferme du Vinatier et de collaborations régulières avec le Théâtre Jean Marais de Saint-Fons et la Maison de la Culture à Firminy.

Dès 2011, poursuivant le travail de composition et d’orchestration sonore et musicale, Catherine Perrocheau, ancienne anthropologue, reprend sa casquette de preneuse de sons, renouant avec une «tradition du Réel » et le désir de sortir du théâtre, d’aller à la rencontre «des gens» et d’inclure, dans ce travail textuel et musical, leurs voix : c’est la création de « Radio Solo » (2012).

Ce désir a été renforcé par une actualité qui demande à faire entendre ce que la diversité produit de beau, d’essentiel, faire entendre la voix humaine à travers des compositions musicales et poétiques chacun tient une place singulière.

Peu à peu, le travail auprès d’amateurs est devenu non seulement central, mais révélateur de l’importance d’inclure dans ces narrations les voix et les écrits d’habitants, de tous âges et tous milieux, qui donnaient une chair et une résonance aux voix des poètes.

Ainsi sont nés les « Preneurs de parole », groupes de participants engagés dans un travail de transmission et de création avec lesquels nous tissons des récits polyphoniques mêlant textes, sons, chants et musiques. Ce partage passe par des ateliers «texte au micro en écoute musicale», par un travail d’écriture poétique (différent de l’écriture biographique ou documentaire) et pour certains groupes installés dans la durée, par un travail de chant, arrangements vocaux, ainsi que de collectes sonores

Aujourd’hui deux groupes de Preneurs de parole accompagnent la compagnie au long cours : un groupe à Saint- Fons (69) et un groupe à Firminy (42), ce qui suscite chaque année de nouveaux partenariats Saint-Fons : Théâtre Jean Marais, ECS, centre social, CAP : centre arts plastique / à Firminy : Maison de la culture Le Corbusier, Piscine municipale, Lycée Albert Camus, MPT, bibliothèque, centre social). Nous aimons la dynamique joyeuse et les élans qui surgissent de l’intérieur de ces groupes.

Ces grands récits polyphoniques sont maintenant au cœur du travail de la compagnie du Théâtre Détours, et déploient bien au-delà des théâtres des partenariats surprenants, des formes inattendues (Radio Solo, Mi Tribu, chantier Côtes à côtes, ensemble et séparés) et des élans citoyens pérennes (création en 2019 d’un journal sur Saint- Fons).

www.letheatredetours.com

preneursdeparole.wordpress.com

L E C R E AT I O N D T H É ÂT R D É TO U R S

Catherine Perrocheau (1971)

METTEUSE EN SCÈNE PORTEUSE DE P R O J E T

Née en 1971, elle grandit au Brésil et arrive à Lyon à l’âge de 14 ans. Après un cursus en philosophie et en anthro pologie, elle part voyager durant 2 ans en solo en Asie. Elle revient en 1994 à Lyon elle commence à travailler en tant que comédienne (Théâtre Mobile, Pitre Blême et Compagnie 1er Acte) tout en se formant à différentes pratiques corporelles (danse contact avec Julyen Hamilton, improvisation, art martial intensif, acrobaties, théâtre d’objet avec Claire Heggen et Yves Marc, théâtre Japon, mouvement sensible avec Danis Bois.) Côté texte elle s’intéresse plus particulièrement aux récits courts de science-fiction (Ray Bradbury) et à la poésie (Raymond Carver, Nazim Hikmet). Elle découvre en 1998 le travail du compositeur allemand Heiner Goebbels qui renforce sa passion pour les relations qui existent entre textes amplifiés et composition musicale entre ce que l’on donne à voir et ce que l’on donne à entendre.

En 2002, voulant poursuivre les recherches entre musique, corps et texte, elle fonde la compagnie « Le Théâtre Détours » avec la collaboration de Thierry Derrien, musicien. Compagnie pluridisciplinaire, le Théâtre Détours est régulièrement associé à des scènes nationales et régionales dont le Polaris entre 2011 et 2014 (scène régionale de Corbas).

A partir de 2006, parallèlement à son travail de compagnie, elle se forme aux métiers du son (prise de son/ montage/ réalisation sonore) puis au documentaire à l’INA et à Phonurgia (vidéo et sonore) afin de développer au sein du Théâtre Détours des projets, différents par leur forme, mais qui ont en commun un questionnement permanent et une grande tendresse pour ce qui, malgré le pire, reste vivant et tend vers le beau. Dès 2011, poursuivant le travail de composition et d’orchestration sonore et musicale, Catherine Perrocheau reprend sa casquette d’anthropologue et preneuse de sons, renouant avec une « tradition du Réel » et le désir de sortir du théâtre, d’aller à la rencontre « des gens » et d’inclure, dans ce travail textuel et musical, leurs voix : c’est la création de « Radio Solo » (2012), installation sonore jouée dans les hôpitaux.

Ce désir de « déborder » des théâtres a pris, au fil des années, de plus en plus d’importance, jusqu’à devenir une nécessité, que ce soit par l’adaptation de ses spectacles hors les murs ou par la collaboration avec d’autres formes artistiques (documentaires sonores, collectes, écriture participative).

Peu à peu, le travail auprès d’amateurs est devenu pour cette artiste, non seulement central, mais révélateur de l’im portance d’inclure dans ces narrations les voix et les écrits d’habitants, de tous âges et tous milieux, qui donnent une chair et une résonance aux voix des poètes.

A partir de 2012, elle développe des formes singulières d’écriture du Réel en associant, dans sa recherche de récits poétiques et musicaux, la voix d’hommes et femmes « non professionnels » et s’oriente vers l’investissement des lieux publics comme caisse de résonance poétique et politique de ces récits.

Son travail est depuis toujours alimenté par le croisement des cultures, du visuel et du sonore, et par la découverte d’artistes tels que Heiner Goebbels, Jan Lauwers, Philippe Ducros, Fellini, Antonioni ou Cassavete

Samaël Steiner (1985) É C L A I R AG I S T E

AU T E U R / D R A M AT U R G E

en 1984, en Seine-Saint-Denis. Après une scolarité à l’école Mattias Grünewald, à Colmar (pédagogie R. Steiner) et une terminale théâtre, il obtient une licence en Arts du spectacle théâtre, à l’Université Marc Bloch de Strasbourg, puis entre à l’ENSATT dans le département Lumière.

En Alsace, il crée, avec d’autres, la Cie étudiante le petit théâtre du grand oeil au sein de laquelle il écrit et met en scène plusieurs spectacles.

Parallèlement à l’ENSATT, il entame une aventure passionnante avec le poète acteur et metteur en scène André Benedetto, au Théâtre des Carmes, à Avignon, ainsi qu’avec le metteur en scène Matthias Langhoff, en Roumanie (puis, plus récemment, en Suisse).

Durant toutes ces années, il ne cesse de lire et d’écrire, sous de multiples formes (poésie, nouvelles, pièces de théâtre, scénarios).

A la sortie de l’école, il fonde, avec d’autres, la compagnie l’Octobre théâtral qui travaille notamment à des projets mêlant poésie et dimension plastique, dans des espaces tels que forêts, parcs…

Aujourd’hui il partage son temps entre deux métiers, celui d’éclairagiste de théâtre et celui d’auteur. Loin d’être an tagonistes, ces deux pratiques se nourrissent l’une l’autre, avancent ensemble.

Il participe à plusieurs projets poétiques ou théâtraux et collabore avec différents musiciens (shepard electrosoft in public garden, Pauline Denize), avec d’autres auteurs (Laura Tirandaz, Samuel Gallet, Stéphanie Querité, Laurent Bouisset), avec des plasticiens, scénographes, artistes en tout genre (Judith Bordas, Laura Krompholtz, Lionel Sou kaz) ou travaille à des formes d’écriture plus collectives, avec parfois des amateurs : Les Lunes sortent de l’eau, avec la cie l’octobre théâtral ou Chant-Entier avec le Théâtre Détours en sont un bon exemple.

Avec Stéphanie Querité et Marion Blangenois, il a organisé deux nuits de la poésie à Crest (en 2016 et 2017).

Des extraits de ses précédents textes ont été publiés dans de nombreuses revues, en France et à l’étranger. Vie ima ginaire de Maria Molina de Fuente Vaqueros, récit poétique, est paru aux éditions de l’Aigrette en mars 2016. Seul le bleu reste est paru en juin 2016 au Citron Gare édition.

Poème bleu son dernier texte, est lauréat des Journées des Auteurs de Théâtre de Lyon, a reçu le prix Jean-Jacques Lerrant et a été nominé pour les prix René Leynaud et Godot des lycéens.

En tant qu’éclairagiste (avec parfois une double casquette : décor, vidéo et une création son, exceptionnellement) il a notamment travaillé avec André Benedetto, Matthias Langhoff, Emily Loizeau, Catherine Perrocheau, Emmanuel Houze, Philippe Labaune…

Thierry Derrien (1962)

CO M P L I C M US I C A L

CO M P O S I T I O N, P E R C US S I O N, CO N T R E B A S S E  E C H A N T

Il est, avec Catherine Perrocheau, un des piliers du Théâtre Détours. Il est la part musicale de cet axe texte/musique qui fonde la compagnie. Il a été percussionniste avant d’être contrebassiste et travaille essentiellement sur une base d’improvisation, s’appuyant sur une composante rythmique sur laquelle il développe au chant des lodies spontanées. Après avoir travaillé 10 ans avec la compagnie Azanie (danse) (Fred Bendongué-Areski Ha mitouche), il se spécialise dans la composition pour le théâtre et la parole musicale. Il puise son inspiration dans les traditions cubaines, africaines, brésiliennes et dans les courants contemporains qui associent texte et musique (Heiner Goebbels). Il a accompagné Jacques Roubaud et les poètes américains Rosemarie et Keith Waldrop lors de Lettres sur Cours au Festival Jazz à Vienne en 2010 tout en gardant un grand attachement aux rythmes et chants traditionnels.

Baptiste Tanné (1981)

CO M P O S I T E U G U I TA R I S T C H A N T E U SO N

Diplômé en 2005 du département de réalisation sonore de l’ENSATT, il travaille principalement dans les domaines du théâtre et de la musique. Il a réalisé de nombreuses bande-sons et musiques originales pour le théâtre, no tamment avec les compagnies Théâtre Détours (Les Pre- neurs de parole 2017 ; Ici un homme 2014) ; La seconde Tigre; L’association pratique; Day-for-Night. Parmi ses autres collaborations artistiques, on trouve : Blöffique Théâtre ; Cédric Roulliat ; TAC théâtre ; Samuel Gallet ; Philippe Bertin ; Guillaume Robert ; Cie Chiloé. Depuis 2013 il mène régulièrement des ateliers de création so- nore dans des écoles (Ecole Marie d’Orliac, Londres 2013- 2015) et des médiathèques (Bibliothèque de la Duchère à Lyon, avec le collectif Le Zèbre et la mouette, 2016-2017).

Marie -Pierre Morel-Lab

(1961)

CO M P L I C E   E S PAC E

Formée à la conception du vêtement, elle s’est rapidement tournée vers le vêtement en scène, suite à un parcours qui a assimilé toutes les expressions du spectacle vivant (opéra, danse contemporaine, théâtre, musicien), elle a agrandi son espace d’intervention à ce qui environne le costume sur un plateau, les accessoires qui forment décor. Elle accompagne Catherine Perrocheau dans la conception scénique depuis 2008.

Mathieu Plantevin (1981)

CO M P L I C E  AU  SO N

Diplômé en arts numérique à l’EESATI de Poitiers et vivant depuis 2005 sur Lyon, il travaille en collaboration avec des artistes, musiciens et metteurs en scènes avec qui il questionne et expérimente le rapport entre la musique en direct, les sons enregistrés et le texte parlé et chan le temps d’une pièce de théâtre, d’une performance ou d’un concert. Mathieu est, entre autre, sonorisateur de La Meute-théâtre (Belgrade/La famille Royale Thierry Jollivet), du groupe Mémorial (Nous qui avions perdu le monde- Clément Bondu), créateur son et régisseur pour Le théâtre Détours depuis 2010 (Citronnade…) , et régis seur son du Festival A vaulx Jazz, pour le Tribute to Fela (Sangoma everet et Sele sossimi).

CONTACTS

ARTISTIQUE

Catherine Perrocheau

catherine.perrocheau@theatredetours.com

06 76 65 51 16

ADMINISTRATION/PRODUCTION

Association L’Échelle (Akiko Matignon)

communication@lechelle.fr

06 73 88 95 10

www.letheatredetours.com

www.preneursdeparole.wordpress.com

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