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A la Redécouverte des Madones de Lyon !

Nous partons à la redécouverte d’un élément typique du patrimoine architectural lyonnais, invisible au promeneur qui ne saurait pas lever les yeux et apprécier la beauté des bâtiments qui l’entourent. Nous parlons des madones, ces emblématiques reproductions de la Vierge (ou autres personnages religieux), enclavées dans des niches, aux angles de nos bâtiments, décorant les rues de la métropole.

Ces constructions, non seulement ornementales, nous permettent d’apprendre l’histoire de l’urbanisation de la ville à travers leur édification. Ce patrimoine est pourtant en danger, et c’est contre quoi se bat l’association « Les madones de Lyon ». De la même manière, nous essayons, humblement et à notre manière, de mettre en valeur ces sculptures pour inciter à leur préservation.  

Crédit photos CCC Média

Emplacements de statues recensés depuis le XIXème siècle

Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui vides. Ces emplacements possèdent ou ont possédé une sculpture religieuse, soit en ronde-bosse, soit en relief, juchée dans une niche ou dans un ensemble architectural plus complexe appelé édicule à niche. Bien que la majorité des madones aient été édifiées au XIXème siècle par les habitants de la ville, les plus anciennes datent en réalité du XIVe siècle, comme par exemple celles de Notre-Dame du Palais et Notre-Dame-De-Rue-Neuve, aujourd’hui disparues. 

L’histoire de l’édification de ces madones est un témoin de l’histoire de l’urbanisation de Lyon, sans qui elles n’existeraient pas. Ces madones étaient encore marginales au XIVe siècle, mais ont commencé à se populariser au XVIIème, en opposition au style architectural préféré à cette époque .

En effet, le XVIIème siècle est encore celui des immeubles lyonnais austères, réguliers et sans aucune décoration, que nous retrouvons aujourd’hui sur la presqu’ile et les pentes de la Croix-Rousse. Pourtant, ce siècle est aussi un siècle de densification religieuse, qui incite à l’agrandissement de la ville.

Malgré tout, ce siècle reste une période faste pour les statues de rue. Chaque carrefour de la presqu’île est décoré d’une madone, notamment autour de Saint-Niziers, aux Cordeliers, vers les Terreaux ou au début des pentes de la Croix-Rousse…

A l’inverse, les siècles suivants sont ceux de la modernisation et de l’ornementation de la ville. les travaux de rénovation menés par Perrache et Morrand au XVIIIe,  ceux menés sous l’invective du préfet-maire Vaïsse en 1853, sont exemples des grandes directives de changement architectural qui a marqué les rues de la ville. Ce sont des siècles où la décoration des façades est de mise, favorisant l’installation de niche en l’honneur de saints ou de Marie (la culte à la Vierge ayant repris de sa vigueur à Lyon sur la deuxième moitié du XIXe). Ce sont ainsi quelques 400 madones qui sont recensées au XIXe siècles, dont la moitié perdure encore aujourd’hui. 

Construction en calcaire particulièrement fragile

Une opération de remise en valeur de ce patrimoine est lancée au XXe siècle, pour ne pas voir ces constructions disparaitre et pour que les habitants aient à cœur de les préserver. Au XXIe siècle, l’association « Les madones de Lyon » organise la relève, rénovations de sculptures, installations de nouvelles sculptures dans les niches vides sont autant d’actions qu’elle mène, en plus de son activité de visites de la ville sous le thème des madones.

Avis aux intéressé.e.s, il est possible si vous le souhaitez de soutenir l’association par des dons ou bien en participant aux visites guidées.

Noémie Keller, rédactrice pour CCC Média

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