La Compagnie de la botte d’or – Le procès de Don Juan

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La Compagnie de la Botte d’or : Le Procès de Don Juan

 

CCC Média a eu la chance de rencontrer trois membres de la Compagnie de la Botte d’or. Cette troupe de théâtre aux profils hétéroclites et qui se présente comme un “Collectif d’artistes réuni-es par un même désir : proposer un théâtre vivant, accessible à tous-tes, qui réinvente nos fables et nos récits collectifs”, nous ont présenté leur spectacle Le Procès de Don Juan. Andréa, Lola et Chloé nous parlent de réécriture féministe et de prise de pouvoir.

 

 

La création de la compagnie et du spectacle

La compagnie a été créée en 2016 avec comme premier projet la mise en scène de La Petite sirène de Marguerite Yourcenar par un autre membre de la compagnie. C’est une compagnie aux parcours très différents : il y a des professionnels qui vivent de ce métier et d’autres, comme Andréa, Lola et Chloé, qui font d’autres choses à côté. Ces jeunes femmes, toutes trois doctorantes, affirment vouloir “se professionnaliser le plus possible”.
Dans ce nouveau spectacle, Le Procès de Don Juan, quatre femmes se réunissent pour faire le procès de Don Juan. Si au départ elles se trompent de chef d’accusation, elles vont, tout au long de la pièce, prendre conscience des violences qu’elles ont subi dans leur rapport avec cet homme.

“Elles vont les nommer [les violences], s’en affranchir pour pouvoir se réapproprier leur propre désir et leur propre conception de l’amour”. Chloé

 

 

Une (ré)écriture à plusieurs mains et nourrie de plusieurs sources

Cette pièce de théâtre est avant tout un travail collectif de plusieurs mois, un travail de beaucoup de lectures et de discussions. C’est vraiment un patchwork de plusieurs éléments. Comme nous l’expliquent les trois co-autrices, “on parle d’écriture et de réécriture”, “la pièce de manière générale est aussi irriguée par tout un tas de lectures communes”.
Elles se sont à la fois appuyées sur des textes qui existent déjà (Don Juan de Molière et de Montherlant) pour faire exister et reconnaître le mythe ; mais il y a aussi à côté de cela, des écrits beaucoup plus modernes et féministes, et enfin, elles ont aussi écrits elles-mêmes à six mains en se nourrissant de leurs propres expériences personnelles.

“On a beaucoup discuté de nos parcours personnels, de notre intimité. Cette pièce parle aussi de ce que nous avons vécu en tant que femmes.” Lola

 

Don Juan un prétexte / pré-texte

“Don Juan est un prétexte pour parler de la culture dans laquelle on baigne de manière générale, qui apprend toujours aux hommes à vouloir conquérir et cueillir les femmes, et qui apprend plutôt aux femmes à vouloir être cueilli, exister que dans le regard et le désir de l’autre”. Chloé

Si Don Juan est constamment montré comme un personnage positif du libertin (symbole de la laïcité, de la libre pensée, de l’athéisme), en revanche, ni la pièce de Molière, ni les autres réécritures qui ont été faites, n’interrogent son comportement avec les femmes et ne le jugent. Même La Nuit de Valognes d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui est une des pièces qui essayent de mettre en scène le procès de Don Juan, n’y parvient pas. Comme nous le dit Andréa, les femmes sont encore et toujours des “hystériques” chosifiées, et le comportement de Don Juan est justifié et pardonné. Le début du Procès de Don Juan fait d’ailleurs la parodie de la pièce d’Eric-Emmanuel Schmitt. 

Ainsi, ce que veulent Andréa, Lola et Chloé dans leur pièce, c’est juger Don Juan et c’est aussi surtout redonner le pouvoir aux femmes. Il s’agit de réfléchir au comportement masculin et aux violences faites aux femmes qui sont banalisées.

 

 

La prise de pouvoir des femmes

“C’est le procès de Don Juan mais c’est surtout pour nous une pièce qui empouvoir les femmes, faire le procès de Don Juan va avec le fait de reprendre le pouvoir sur scène, de se réapproprier nos désirs, nos visions du monde, nos points de vue, nos paroles, nos corps, etc. On a appelé cette pièce, Le procès de Don Juan, mais c’est aussi et surtout une reprise du pouvoir des femmes”. Chloé

Mais alors quelle est la place de Don Juan sur scène ? Les trois co-autrices ont fait le choix de le faire apparaître sur scène. S’il est là c’est un vrai choix. En effet, cela permet, comme elles nous l’ont expliqué, de montrer au départ une situation d’aliénation pour ensuite s’en défaire et s’empouvoirer. Les femmes vont au fur et à mesure reprendre l’espace, la parole, etc.

 

 

Les dates de spectacle

Pour aller voir Le Procès de Don Juan c’est :
– Au théâtre du Carré trente dans le 1er arrondissement : jeudi, vendredi, samedi 18-19-20 novembre à 20h ; dimanche 21 novembre à 15h ; jeudi, vendredi, samedi 25-26-27 novembre à 20h ; dimanche 28 novembre à 15h.
– A la bibliothèque municipale de Lyon le 02 décembre à 18h30 (auditorium de la Part Dieu).
– Au Patadôme Théâtre à Irigny le vendredi, samedi, dimanche 21-22-23 janvier 2022.

 

Il faut aller voir cette pièce, une pièce certes qui parle d’agressions, de violences, mais qui aussi, est très drôle “l’humour permet aussi dans la pièce de court-circuiter les tentatives et les stratégies de Don Juan”. Chloé

 

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Manon, rédactrice chez CCC Média

 

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