Labo Cités : « Elle(s) : Les quartiers populaires au féminin ! »

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« Elle(s) : Les quartiers populaires au féminin ! »

L’Egalité Femme-Homme a été au centre des discussions lors de la journée régionale consacrée aux quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. Organisée par le centre de ressources Labo Cités, plus d’une centaine de personnes se sont réunies ce Jeudi 26 septembre à la Préfecture du Rhône, rue de Bonnel, l’objectif de cette journée : croiser les regards et intégrer l’Egalité Femme-Homme dans les actions conduites dans le cadre de la politique de la ville.

Jeudi 26 septembre s’est déroulé la conférence intitulée « Elle(s) : Les quartiers populaires au féminin », à la Préfecture du Rhône. Organisée par Labo Cités, centre de ressources et d’informations, de rencontres et de qualification pour les acteurs de la politique de la ville en Auvergne Rhône-Alpes, cette journée s’est intéressée à la situation des femmes et à l’égalité entre les femmes et les hommes dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Au programme, une table ronde en présence de différents acteurs de la politique de la ville, des extraits vidéo du spectacle de la compagnie du Théâtre du Grabuge appelé « L’assemblée des lucioles », un déjeuner sur place, une conférence sur l’égalité intégrée et la budgétisation sensible au genre, des ateliers de travail thématiques…

Crédit photos : Quentin Strousser pour CCC Média

Une table ronde autour des inégalités femmes-hommes

Les premiers mots prononcés en guise d’ouverture de la table ronde ont été ceux de Pierre-Yves Ginet, co-rédacteur en chef du magazine « Femmes ici et ailleurs ». Ce dernier a évoqué un « sentiment de lassitude partagé » quant à la persistance des inégalités entre les femmes et les hommes dans les champs sportifs, culturels ou de l’emploi. Plusieurs constats ont été dressés au cours de la discussion. D’après le Conseil national des Villes (CNV), réuni le 21 juin 2018, le taux de chômage est plus important concernant les femmes issues des quartiers de la Politique de la ville (23%) que pour celles venant des unités urbaines environnantes (9,5%). Dans le domaine de la santé, 31,2% des femmes des zones urbaines sensibles déclarent avoir renoncé à des soins pour raisons financières. « La question de l’égalité, c’est la problématique de la pauvreté », a affirmé Catherine Heranney, directrice du Centre d’Information sur les Droits des Femmes et des Familles (CIDFF du 69-38-73-74), au cours de la table ronde. En effet, l’avis du CNV, daté du 21 juin 2018, évoque le chiffre de plus d’une femme sur trois vivant sous le seuil de pauvreté dans les zones urbaines sensibles. « Sans autonomie financière, il n’y a pas d’égalité », ajoute Catherine Heranney. Avis partagé par Virginie Bazin, déléguée du préfet de la préfecture du Rhône. « Les inégalités naissent, entre les femmes et les hommes, à la suite de plusieurs millénaires de société patriarcale », affirme t-elle. « Il est absolument essentiel que l’on puisse accompagner les femmes à s’insérer professionnellement pour avoir des revenus suffisants leur permettant d’avoir une autonomie, une indépendance financière ».

Condorcet, une référence toujours d’actualité

Au cœur des débats, la question des discriminations dont les femmes peuvent être l’objet concernant leur sexe, leur classe sociale ou leur origine ethnique, dans la recherche d’un emploi. Dans son texte daté de 1790, intitulé « Sur l’admission des femmes au droit de cité », le philosophe Nicolas de Condorcet (1743-1794) dénonce une société dans laquelle les femmes sont victimes de préjugés : «  On dit qu’aucune femme n’a fait de découverte importante dans les sciences, n’a donné de preuves de génie dans les arts, dans les lettres, etc.; mais sans doute on ne prétendra point n’accorder le droit de cité qu’aux hommes de génie ». L’auteur décrit une société devant instaurer une véritable égalité de droits et dépasser les stéréotypes sexistes. Ces derniers peuvent être véhiculés aussi bien dans le domaine artistique qu’éducatif, sportif, ou social. Nicolas de Condorcet poursuit : « l’infériorité et la supériorité se partagent également entre les deux sexes ». Pour Condorcet, une femme peut être aussi compétente qu’un homme à exercer un métier. Si, aujourd’hui, certains stéréotypes sexistes persistent, la lecture ou relecture du texte Sur l’admission des femmes au droit de cité reste un plaidoyer féministe d’actualité.

Guillaume Garcia pour CCC Média

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