Retour sur la 3ème édition du cycle Effondré-es !

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 🍀 Retour sur la 3ème édition du cycle Effondré-es 🍀

avec le Théâtre du Bruit 

 

Le Théâtre du Bruit  vous a présenté en octobre 2020, la troisième édition de son cycle Effondré-es . CCC Média était présent lors du weekend d’ouverture du cycle, le weekend art et psyché humaine. Retour sur une initiative utile, ludique et artistique, une initiative on ne peut plus nécessaire en cette période de pandémie, qui nous rappelle l’importance et la force de l’art en tout temps.

 

Le Théâtre du Bruit et le cycle Effondré-es troisième édition 

Commençons tout d’abord par quelques mots sur le Théâtre du Bruit : comme ils se définissent, ils sont « l’urgence théâtrale pour le péril écologique ». L’activisme vert fait partie du mot d’ordre de leur compagnie, moteur de toutes leur production. La compagnie lyonnaise s’est fondée en 2013 et a depuis enchaîné les pièces sur le thème de l’urgence écologique : Je Suis, Nous sommes, Planète Plastique, La légende du colibri, par exemple, sont les pièces écrites, mises en scènes et représentées par les membres de la compagnie.

Créations originales

Une envie commune : celle de faire du bruit, à l’instar du nom-même de leur collectif, car ils ne veulent pas taire leur anxiété par rapport au chaos que nous vivons tous. Ils citent Paul Eluard qui disait « J’entends ta voix dans tous les bruits du monde ». Ils veulent se faire entendre par tous les moyens ; le bruit qu’ils ont créé se transforme en son, et en poésie lorsque ressenti. Une compagnie de théâtre essentielle sur la scène lyonnaise par sa capacité à faire entendre ce que les gens évitent d’habitude, préférant se boucher les oreilles que de se confronter à une réalité peu désirable, mais tout à fait réelle et inévitable pourtant.   

Le Cycle Effondré-es est l’accomplissement du dessein de la compagnie : transperçant le quatrième mur, le cycle correspond à un moment de dialogue sur le thème de l’écologie : des invités de tous horizons se rencontrent alors, et apportent tous, leur point de vue et le résultat de leur travail pour qu’un débat constructif, alarmiste peut-être, mais aussi plein d’espoir et de solutions, se forme, entre spécialistes, activistes, artistes, en dialogue avec le public. Ce public, le cycle à su l’intéresser et le fidéliser, car il s’agit aujourd’hui de la troisième édition du festival,  nous espérons qu’il y en aura beaucoup d’autres, car les discussions sur le thème de l’écologie sont loin de s’apaiser, si rien ne change à rythme plus soutenu.

Week-end art et psyché humaine

Au programme du premier weekend du cycle, art et psyché humaine, trois moments majeurs, auxquels nous avons eu le plaisir d’assister : tout d’abord, une conférence de Jean-Paul Engélibert, professeur de littérature comparée à l’université Bordeaux-Montaigne, sur le thème de la représentation de l’effondrement de notre civilisation dans les fictions apocalyptiques. Les bases de son discours étaient puisées de son ouvrage Fabuler la fin du monde. La puissance critique des fictions d’apocalypse, ouvrage disponible à la vente le jour même, en parallèle de la conférence, parmi d’autres livres sur le même thème, grâce à la présence de la librairie les Editions Libres, librairie indépendante et itinérante. Une manière  pour tous les intéressés, d’approfondir la réflexion sur le fameux thème de l’effondrement.

Première partie de soirée

Une pièce musicale d’une durée d’environ une heure d’Anthony Touzalin. Anthony est d’habitude un compositeur de musique de films et de documentaires, il a choisi de créer pour cet évènement une de ses premières pièces live. L’approche du Transcendo, tel est le nom de la pièce musicale, une proposition onirique, faite sur les bases de sons de la nature qu’Anthony a préalablement enregistré lui-même et prenant des envolées lyriques et poétiques que nous croyions incapables d’être produites avec une musique électronique. Très justement qualifiée de « récit poétique à travers le temps et l’espace » sur le site internet du Cycle, cette pièce, toute pleine d’hybridité, nous a fait imaginer une musique du futur où sons naturels et numériques s’entremêlent tout en harmonie. Un moment tout à fait ravissant pour ceux qui ont eu la chance d’y assister, et qui donne envie de découvrir encore plus du travail d’Anthony !

Crédit photos : CCC Média

Et en point d’orgue de ce samedi passé avec la compagnie du Théâtre du Bruit était la dernière pièce en date de Jonathan Lobos, Là le Feu, une pièce de théâtre musicale, traitant, sans aucune surprise maintenant, du thème de… l’effondrement ! Ce n’est pas la première fois que la compagnie compose sur ce thème, et sur celui de l’écologie plus généralement. L’écologie est un terreau fertile pour l’imaginaire des membres de la compagnie, qui puisent dans leur peur et conscience du danger imminent lié à cette sixième extinction de masse que nous vivons tous pour créer des pièces, dont certes le sujet n’est pas le plus réjouissant, qui mérite d’être traité avec l’importance donnée à n’importe qu’elle autre sujet. Comme nous le précise Jonathan dans son interview, il se refuse à traiter le thème de l’écologie avec pédagogie comme si c’était seulement un thème servant à éduquer les plus jeunes (et comme si seuls les plus jeunes étaient concernés par ce problème qui, au contraire, nous concerne tous). Il ne cherche pas à prendre de détours pour masquer le fait qu’il parle d’un sujet aussi sérieux : au contraire, il prend ce thème à bras le corps et écrit et met en scène des pièces tout aussi sérieuses que poétiques, pour inviter ses spectateurs à se poser des questions, pour que le théâtre soit plus qu’un simple divertissement, mais accompagne et serve le spectateur au quotidien, comme base d’une réflexion plus large sur ce (p….n) de problème écologique. En résulte des pièces comme Là le Feu, forte d’une puissance subjective et poétique qui ne laissera pas le spectateur indifférant. Jonathan travaille actuellement sur une nouvelle pièce musicale, en collaboration avec Anthony, on a hâte de voir ce que leurs deux imaginaires vont pouvoir créer ensemble !

 

Tout ce beau programme du week end était organisé au Croiseur,  les autres événements du cycle ont été organisés tout à travers Lyon, comme pour donner une présence à la compagnie et insuffler son message dans tous les coins et recoins de la ville. D’autres conférences et spectacles (projections de films et de documentaires) et rencontres étaient à  découvrir, des invités comme Arthur Keller, Sarah Daugas Marzouk, Pierre-Eric Sutter, Frédéric Keck, Xabi Molia, Mathilde Syre, Les Greniers d’Abondance, Laurent Testot, l’association Des Espèces Parmi’Lyon,  Florian Weigensamer et Christian Könes, Stéphane Pagano,  Renda Belmallem & Jeanne Burgart-Goutal,  Laury-Anne Cholez, l’association Resiliere,  Ol’d tam, ont été les têtes d’affiche du cycle. La diversité des invités montrant la diversité de traitement du sujet de l’effondrement, les questions qu’un tel sujet posent et les réponses qui peuvent être apportées. Un beau programme que la compagnie du Théâtre du Bruit s’est battue pour et a réussi à maintenir malgré la pandémie actuelle, témoignant de leur combat pour que la culture continue d’exister malgré tout et pour que leurs voix soient entendues.

Ce troisième Cycle Effondré-es a été une réussite, une jolie preuve du dialogue entre activisme et art, monde associatif et monde culturel, qui règne à Lyon. Nous ne pouvons que saluer tou(te)s les participant(e)s à ce débat sur l’effondrement, que ce soit les invités, le public, dire que nous attendons impatiemment un quatrième Cycle Effondré-es ! Les plus impatients peuvent continuer de suivre l’actualité du Théâtre du Bruit tout au long de l’année, et voir les autres œuvres à venir, car ce débat sur l’effondrement ne s’arrête pas et continue toute l’année !

Noémie Keller, rédactrice pour CCC Média 

 

 

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