Loi Climat : La marche d’après

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Loi Climat : « La Marche d’après »

 

Le dimanche 9 mai 2021, une marche pour le climat s’est déroulée à Lyon comme partout en France. Faisant suite à un premier rassemblement le 28 mars, cette manifestation entendait lutter contre le projet de loi Climat et Résilience. Déçus et en colère, les collectifs organisateurs “Plus jamais ça ! Rhône et “Lyon Climat” ainsi que tous les mobilisé·e·s marchaient pour une “vraie loi climat”. CCC Média vous explique tout.

 

 

Une nouvelle marche pour le climat

Le 28 mars dernier, une première manifestation dénonçant le projet de loi Climat et Résilience avait réuni entre 4 000 et 10 000 lyonnais·es. Ce projet de loi a été adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale le mardi 4 mai. Pourtant, ils·elles sont nombreu·x·ses à estimer que les mesures votées par le gouvernement ne suffisent pas.

Près d’un mois après le premier, un nouveau rassemblement a donc eu lieu ce dimanche 9 mai dans toute la France : la Marche d’Après. Au niveau national, plus de 690 organisations se joignent au collectif Plus jamais ça!, initiateur du mouvement.

A Lyon, une vingtaine d’associations se sont alliées aux deux collectifs Lyon Climat et Plus jamais ça ! Rhône qui se chargeaient de l’organisation, entre 4 500 et 7 000 personnes étaient mobilisées à leur côté. La « Marche D’Après » quitte la place Bellecour aux alentours de 14 heures en direction des quais de Saône pour rejoindre la place des Terreaux. Les manifestant·e·s empruntent ensuite le pont Morand puis les quais de Rhône pour retourner à leur point de départ. Le trajet s’est déroulé dans une ambiance festive mais déterminée, sans aucun débordement.

A l’arrivée, une scène sonorisée a été installée au milieu de la place Bellecour, dans un coin, les stands des associations présentes accueillent les manifestant·e·s. Sous le cheval de Louis XIV, les prises de paroles s’enchaînent. 

 

 

Devant l’insuffisance des mesures proposées par le gouvernement

Au commencement de la loi Climat et Résilience, une convention citoyenne avait été formée pour travailler sur les enjeux climatiques. Près d’un an de travail pour proposer 149 mesures d’action que le gouvernement s’était engagé à incorporer tel quel au projet législatif. Voté à l’Assemblée Nationale le mardi 4 mai, ce dernier sera examiné en juin prochain par le Sénat.

“Le projet de loi Climat et Résilience était censé traduire sans filtre les mesures proposées par la Convention Citoyenne pour le climat […] sa version transmise au Parlement était déjà insuffisante et l’est maintenant de manière encore plus flagrante”. 

Alors que l’adoption du texte semble de plus en plus proche, Tatiana, bénévole Alternatiba et porte-parole du collectif Lyon Climat, s’insurge comme beaucoup d’autres : trop de mesures ont été rejetées ou modifiées lors de la construction du projet final.

En février dernier, dans le cadre de l’Affaire du Siècle, le tribunal administratif de Paris avait reconnu l’Etat français coupable d’inaction climatique. Pourtant, rien ne semble décider le gouvernement à agir véritablement. Toutes les instances se penchant sur le sujet affirment que le dernier texte environnemental du quinquennat d’Emmanuel Macron manque d’ambition.

“Nous avons marché ensemble dans la joie et avec détermination pour signifier clairement que le mouvement climat et social ne valide pas cette loi.”

 

 

Après la déception, marcher pour l’action

Si l’inaction politique à laquelle nous faisons face pourrait décourager, c’est loin d’être le cas pour les collectifs dénonçant cette “mascarade”. Les militant·e·s se mobilisent « pour une vraie loi climat », ils·elles marchent pour rappeler l’urgence écologique et espèrent encore que des modifications pourront être apportées au texte.

“Nous ne lâcherons rien […] nous voulons mettre l’État face à ses responsabilités.”

Laure est porte-parole du collectif “Plus jamais ça !” né d’un appel pour la justice sociale et climatique lancé en janvier 2020. Une alliance inédite dont la branche rhodanienne réunit des associations altermondialistes et écologistes : Alternatiba, Attac, Extinction Rebellion, Greenpeace, Oxfam, Youth for climate, La Confédération Paysanne et les syndicats CGT, FSU et Solidaires.

Convaincues que les préoccupations climatiques sont aussi liées aux questions sociales, les associations demandent dans un cri commun une “vraie démocratie”. En mai 2020, le collectif publie un plan de sortie de crise en 34 mesures

“Ce que nous dénonçons c’est le système capitaliste qui pille le vivant et maltraite l’humain.”

 

 

“Ce n’est plus d’une transition dont nous avons besoin, c’est d’une révolution.”

De son côté, Antoine de la confédération paysanne était présent pour parler au nom des agriculteurs de fermes soucieuses de l’environnement. Entre le gel de ce printemps qui a détruit une grande partie des cultures, les épisodes de grêles récurrents, les sécheresses et les canicules, les agriculteurs sont depuis plus de 10 ans en première ligne du dérèglement climatique. 

“On dénonce cette course folle au prix qui nous met en concurrence entre nous, qui ruine la société et l’environnement. L’agriculture industrielle, c’est la mort annoncée de la planète et de l’alimentation pour tous.”

En tant que syndicat agricole, ils·elles remettent en cause les pratiques comme le glyphosate, les néonicotinoïdes, les OGM et luttent contre des projets de bétonnage de dizaines d’hectares de terres. Par exemple, le projet Amazon Fresh, supermarché-entrepôt connecté qui menacerait des terres agricoles et des petites fermes.

“Aujourd’hui, nous avons marché parce que nous n’avons plus le choix”

Face à l’urgence, se mobiliser pour le monde d’après est devenu crucial. Les collectifs réunis ce dimanche s’accordent à dire qu’une mobilisation massive est nécessaire pour arriver à faire face aux catastrophes climatiques et sociales qui bouleversent l’humanité. Mais selon eux, il va falloir passer à la vitesse supérieure et ne pas se contenter de cette “demie-loi”.

“Tous ensemble on peut peser sur notre avenir, changer les choses. On peut faire en sorte que les politiques prennent les décisions qui s’imposent face à l’urgence climatique et sociale.”

 

 

“Un autre monde est possible, un monde juste, solidaire, écologique, social. Ce n’est pas une utopie, l’utopie c’est de croire qu’on pourrait continuer comme ça longtemps sans rien changer”

 

Solène GAUDEFROY, rédactrice chez CCC Média.

 

Pour participer aux prochaines marches pour le Climat 

Rendez-vous sur MarcheClimat.fr

 

 

Retrouvez toutes les associations mobilisées ce 9 mai sur Facebook :

Alternatiba Rhône   –  Greenpeace Lyon  –  Attac – Rhône

Youth For Climate Lyon  –  Oxfam Lyon  –  Confédération paysanne du Rhône

Extinction Rebellion France  –  France Nature Environnement Rhône

Union Syndicale Solidaires Rhône  –  Le syndicat SNUipp – FSU 69

Notre affaire à tous – Lyon  –  Zéro Déchet Lyon  –  La Ville à Vélo – Lyon

Association Conscience et Impact Écologique –  Assemblée Gilets Jaunes – Lyon et environs

Collectif pour une CCC en Auvergne-Rhône-Alpes  –  Collectif Plein la vue

 

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