Café Citoyen : « l’Entrepreneuriat Vert » au Liban

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Café Citoyen sur l’entrepreneuriat Vert

au Liban

Une soixantaine de personnes se sont réunies dans un bar de Beyrouth, pour (re)découvrir et s’inspirer des solutions existantes en termes de gestion des déchets et de recyclage au pays du Levant.

Riwaq Beirut, un petit bar situé au dans le quartier branché de Mar Michael, s’est vite retrouvé noir de monde au soir du 25 janvier.

Les participants (autant de libanais que d’expatriés) ont répondu à l’invitation de la Fondation Diane, une structure qui œuvre en faveur du développement durable sur le plan national.

L’objectif de ce café citoyen était de sensibiliser le public à « l’entrepreneuriat vert », en présentant 3 structures (dont une association et une ONG) qui recyclent les déchets.

L’association Arcenciel fait office de pionnière en la matière. Crée en 1985 (en pleine guerre civile) pour subvenir aux besoins des personnes handicapées, elle lance, en 2003, son programme de recyclage et traitement des déchets hospitaliers puis l’étend, dés 2010, aux plastiques, papier et aluminium.

En avril dernier, l’ONG Live Love Beirut a lancé une application pour smartphone, intitulée « Live Love Recycle Beirut », qui permet de collecter -gratuitement- les papiers et plastiques dans les foyers de la capitale, pour ensuite les recycler. Cette initiative est aussi sociale puisqu’elle permet de faire travailler des réfugiés syriens et des libanais.

Green Track, entreprise sociale fondée par Khoder Eid, permet de sensibiliser, par la voix des femmes, le recyclage dans les foyers de Tripoli (deuxième grande ville du Liban située au nord du territoire). Ce sont elles, en effet, qui propagent la bonne parole (entre voisines) et qui s’occupent de la collecte et du recyclage. Cela leur permet de toucher un revenu tout en restant au domicile.

Les discussions ont rapidement dépassé l’aspect entrepreneurial pour se concentrer sur la gestion et le recyclage des déchets en tant que tels.

Cette question est devenue le second enjeu environnemental majeur, – après la qualité de l’air- aux yeux des libanais, et ce depuis la crise des ordures  survenue en 2015 .

Enjeu qui met en exergue les déficiences de l’Etat en la matière et les nombreux cas de corruption, tout deux dénoncés par un mouvement de contestation citoyen appelé « Vous puez », née durant la crise.

Conscient des nombreuses critiques (et manque de confiance) envers l’État libanais, Mario Ghoraieb, un ancien activiste du mouvement, a néanmoins invité les participants à mieux s’organiser afin de travailler main dans la main  avec le gouvernement, dans le but de trouver des solutions à ce problème environnemental.

Philippe Rahbé

Chroniqueur bénévole pour CCC Média