Quand l’amiante s’invite à l’Usine Renault Trucks

Première audience de conciliation
pour 50 ouvriers de l’Usine Renault Trucks de Vénissieux

Mardi 30 mai  après-midi, au Tribunal des Prud’hommes de Lyon, a eu lieu une première audience de conciliation pour 50 ouvriers de l’Usine Renault Trucks de Vénissieux. L’entreprise, classée « site amiante » en octobre 2016, pourrait selon les plaignants  être responsable de potentielle maladie chez la totalité des ouvriers passés par l’Usine durant son activité. Soutenus par l’association APER/Prévenir et Réparer, les employés réclament une indemnisation pour « anxiété de préjudice ». Un rassemblement a été organisé à 14h devant le Tribunal pour faire porter la voix des victimes.


Un long chemin vers la reconnaissance juridique…

Ouverte en 1964, l’Usine Renault Trucks de Vénissieux a vu passer des milliers d’ouvriers. Si durant près de 40 ans l’Usine a fonctionné correctement, c’est à partir de 2001 que des premiers cas de maladies suspectes sont apparues parmi les employés. Une enquête interne est alors menée, révélant la présence d’amiante au sein des locaux. La bataille commence entre l’association APER et les Tribunaux pour faire reconnaître le site comme « site amiante », ouvrant ainsi des droits de protections aux potentielles victimes (retraite anticipée et remboursement des frais médicaux). Malgré un lancement de procédure en 2007, ce n’est que le 25 octobre dernier que l’Usine Renault Trucks est classée officiellement « site amiante » par les autorités sanitaires.

Plus de 15 000 employés concernés

 Aujourd’hui, 8 mois après, c’est près de 1000 employés potentiellement malades qui ont déposés un dossier auprès du Tribunal des Prud’Hommes de Lyon en demande d’indemnisation pour « anxiété de préjudice ». Selon Jean-Paul Carret, porte parole de l’association APER, plus de 15 000 ouvriers passés par l’Usine pourraient en faire de même.

Cet après-midi, à 14h30, a débuté la première audience de conciliation entre employés et direction traitant la demande d’une cinquantaine de dossier. Celle-ci s’est achevée sans conciliation entre les partis et prévoit le traitement de tous les autres dossiers d’ici la fin de l’année 2017 par le même type d’audience. Elle instaure également une date d’audience fixée au 4 décembre 2018, dernier jugement pour clore l’affaire. Avant cela, les avocats des demandeurs et défendeurs sont invités à rendre dossier respectivement en mars et octobre 2018.

Affaire à suivre…

Lucie Sancier Thebault