Reg’Art # 14 : Jean Piton

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Reg’Art # 14 : Jean Piton

 

 

Jean Piton, plasticien, designer, a reçu l’équipe de CCC Média dans son atelier à Villeurbanne pour parler de son travail artistique. Sa particularité c’est qu’il ne limite pas son art de la peinture à seul médium, mais qu’il l’applique également à d’autres objets. 

 

 

Qui est Jean Piton 

Jean Piton est un plasticien / designer de 66 ans. Il possède un atelier à Villeurbanne, rue des Teinturiers, qu’il partage avec un ami. Son atelier est d’ailleurs ouvert au public jusqu’à fin décembre. Il a une formation transversale. En effet, il a une formation scientifique en physique et il a aussi fait les beaux-arts. 

J’ai toujours été en permanence entre ces deux états de la connaissance, qui pour moi sont très proches. C’est cette formation transversale qui m’a donné une ouverture d’esprit et de réponse.” 

Sa formation scientifique se ressent ainsi fortement dans sa peinture. De fait, il fait de la peinture dite concrète. 

Pour être dans la même idée que la science, c’est de la peinture concrète. C’est un objet peint qui ne représente rien d’autre que lui-même. Le sujet de la peinture c’est la peinture.

Nous verrons également, dans la suite de l’article, que Jean Piton a une approche de l’art qui ne se limite pas à un seul médium, mais qu’il va aussi vers d’autres objets appliqués de ce qu’il fait en peinture tels que les vêtements. 

 

crédit photos : CCC Média

 

La peinture sur carré 

Il travaille avec de l’acrylique. Mais sa spécificité, c’est que bien que ses œuvres soient très colorées, il ne travaille qu’à partir de trois couleurs – le jaune, le rouge, le bleu – et avec du noir et du blanc. A partir de ça, il compose, fabrique, formule ses couleurs tel un scientifique. 

Ses tableaux sont des compositions qui sont faites de formes géométriques. Il travaille avec cinq formats de carrés associés (carrés de 10 cm, 20cm, 30cm, 40cm et 50 cm de côté). 

C’est une limite pratique qui est à l’échelle de mon atelier. Si j’avais un atelier beaucoup plus grand, ces œuvres qui font 1m50 par 1m50, elles feraient peut-être 15m par 15m. L’idée est que, suivant le lieu où l’on se trouve, on se met en situation de regarder le monde et d’avoir un rapport de notre corps avec l’œuvre, qui soit dans un ensemble cohérent : quand on est dans un petit univers, c’est une relation intime, quand c’est beaucoup plus grand, c’est comme dans une cathédrale.

Il est en ce moment sur un projet d’une œuvre qui fait 8m par 16m qui est composée de x œuvres qui est elle-même composée de x tableaux. L’ensemble fait plusieurs centaines de toiles. Pour l’instant, il n’en a composé qu’un morceau. Le but, pour lui, serait de faire une production : monter un projet financier, trouver des partenaires, trouver un lieu pour la présenter, etc. 

 

 

Le numérique, la technique du fractale

En dehors de la peinture, Jean Piton fait aussi un travail numérique. L’idée est que son ordinateur peut devenir lui-même un atelier, et même le plus grand atelier du monde car c’est infini et que l’on peut surtout mettre à la dimension que l’on veut. 

Pour se tourner vers ce médium, il s’est d’abord demandé quelle est la cohérence de son travail par rapport au numérique. Il s’est donc posé beaucoup de questions, et il y a notamment un peintre américain, dont il admire fortement le travail, qui s’appelle Ellsworth Kelly, et qui fait des compositions très simples en deux, trois couleurs. Ainsi, il a décidé de rendre hommage à Ellsworth Kelly avec le numérique.

Je quitte un peu l’art concret car il y a toujours les formes géométriques mais mon émotion doit paraître car je dois lui rendre hommage. Je me suis rapproché de la technique des fractales.” 

Un objet ou un phénomène fractal se remarque à sa manière de reproduire la même forme ou structure à toutes les échelles, indéfiniment. Jean Piton a donc mis une forme dans une dynamique de reproduction fractale (une structure composée elle-même de sa propre structure et jusqu’à l’infini) mais il s’est bien sûr arrêté au moment où cela reste encore lisible et compréhensible. Ce travail, il en a fait toute une série en hommage à Ellsworth Kelly et à deux, trois autres artistes aussi.

Il a également mis le sujet de ses tableaux dans un programme de reproduction fractale pour rendre hommage à son propre travail et créer une mémoire du ressenti. 

Un tableau c’est des interactions de formes et de couleurs.

 

 

L’édition d’œuvres 

Il n’effectue pas de commandes mais il vend ses œuvres. Il utilise également une technique pour éditer ses œuvres numériques. 

Les diatech, c’est une technique très particulière d’édition d’une œuvre numérique, c‘est-à-dire que c’est une reproduction avec des impressions numériques pigmentaires très haute gamme, qualité musée. L’édition est prise en sandwich entre un support en aluminium et du plexiglass. Tout ça c’est fait sous vide et on peut la mettre au mur. Cela fait une œuvre hyper qualitative.

 

 

Les vêtements : “j’ai envie de porter un tableau”

Je viens un peu du milieu de la soierie. J’ai travaillé en soierie en direction artistique et en développement d’impression numérique sur soie. J’ai donc eu l’opportunité de développer un savoir-faire sur ce support là, avec des imprimeurs avec qui je travaillais.” 

Jean Piton a pris des dessins ou des fractales pour les éditer et à partir de cela, il a fait des vêtements. 

Maintenant il fait un autre travail avec un éditeur qui fait de l’impression cadre et qui a un atelier à la Croix-Rousse. Jean Piton réalise des estampes sur soie toujours avec trois couleurs à partir desquelles il en fait d’autres. Mais le problème avec l’impression cadre, c’est qu’il faut un cadre pour chaque couleur. Il faut donc travailler sur une technique qui s’appelle le rematage (on imprime une couleur puis on surimprime une couleur par-dessus avec des fois des transparences). Mais encore une fois un problème se pose car il faut imprimer plusieurs couleurs les unes sur les autres. Il faut qu’on trouve une encre colorée transparente qui a la même viscosité qu’une encore opaque. Après plusieurs essais, ils ont trouvé la bonne formulation. Avec trois couleurs, ils en ont créé 90 sur un carré.

 

 

N’hésitez pas à le retrouver sur sa page Facebook !

 

 

Manon, rédactrice chez CCC Média  

 

 

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